Circuit "entre terre et eaux", 13 km 500, café-rando animé par Monique, Claire, et Marie-Pierre
Le principe est simple et sacré dans le Nord : on peut s'installer confortablement avec son propre casse-croûte tiré du sac, à la seule et unique condition de commander une petite boisson locale au comptoir (histoire d'hydrater les mollets et de soutenir le commerce local !). C’est aussi l'endroit idéal pour glaner des potins historiques et des cartes de sentiers.
Un peu d'histoire ...
🏛️ Hergnies : Une histoire mouvementée et un surnom… mémorable !
Pour résumer l’histoire locale : tout le monde a voulu poser ses valises ici ! Les Celtes à l'âge de Bronze, les Nerviens (250 av. J.-C.), les Romains, puis les Francs. Plus tard, le village devient possession espagnole, avant que Louis XIV ne vienne y mettre son grain de sel en 1676. Hergnies n'est officiellement un « Village de France » que depuis 1820.
🪿 Bienvenue chez les « Culs d’osons » !
Si vous croisez un habitant, sachez qu’on l'appelle affectueusement un « Cul d’oson » (environ 4 450 au dernier recensement !)Pourquoi ce doux nom ? Au début du XXᵉ siècle, la commune était couverte de prairies humides idéales pour les oies. C’était LA capitale du marché aux oies.
Sur le chemin, on croisera plusieurs circuits dont Le Circuit des Lieux-dits.
- Le Château du Sort (ou "Catiau patapatte") : Un « sart » désignant un bois défriché, une petite coquille d'orthographe a transformé le mot en « Sort » ! Cette grande demeure bourgeoise en briques (« catiau ») a pris le surnom loufoque de son propriétaire, M. Patapatte.
- Le Moulin Jacques Gros : En 1842, Jacques Dupriez a fait déplacer son énorme moulin à vent en bois sur des rouleaux à travers champs pour le hisser au sommet de la commune (39 mètres… le mont Blanc local !). Le déménagement a duré plusieurs mois et a alimenté les conversations pendant un siècle.
- La Mamour : Un coin ombragé et discret, très prisé des amoureux en quête d'intimité, baptisé d'après le fils de la maison, un blondinet séducteur surnommé « Blanc Mamour ».
- La Mallette et la borne de l'Octroi : « Faire mallette », c'était l'heure du casse-croûte tiré du petit sac en toile des ouvriers agricoles belges. Juste à côté trône la vieille borne d'octroi (qui a perdu son chapeau !), vestige de la taxe communale prélevée sur les marchandises jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
- La Cardonnette : Nom patois du chardon (« cardon ») et du chardonneret, ce joli petit oiseau friand de ses graines.
- La Poussière : Une zone de terre sableuse où le vent soulève facilement des nuages de poussière… à tel point que les habitantes du coin ont fini par s'appeler « Lucienne ou Catherine de la Poussière ».
🌲 La Chasse Napoléon : Légende ou raccourci impérial ?
Cette magnifique allée bordée d'arbres (autrefois de grands peupliers, progressivement remplacés par des chênes des marais et de jeunes tilleuls) nourrit bien des fantasmes :
- La légende impériale : Napoléon 1ᵉʳ aurait emprunté ce chemin pour foncer vers Waterloo depuis Condé-sur-Escaut.
- Le fantasme du souterrain : On raconte qu'un tunnel secret s'y cacherait entre 15 et 30 mètres sous terre, assez large pour que deux cavaliers s’y croisent sans se marcher sur les étriers !
🌊 L'Escaut, le Jard et le Lac d’Amaury : La bataille de l'eau
Hergnies et l'eau, c'est une grande histoire d'amour… et de pieds trempés.
- Autrefois, l'Escaut débordait régulièrement, transformant les récoltes en soupe géante et apportant fièvres et misère.
- Pour canaliser tout ça, on a creusé des fossés, puis créé le canal du Jard au XVIIIᵉ siècle pour évacuer les eaux vers l'Escaut.
- Le Lac d'Amaury (60 hectares) : Ce grand plan d'eau n'a rien de médiéval ! Il est né vers 1970 à la suite d'un affaissement minier sur l'ancienne fosse fermée en 1912. Il a littéralement englouti une partie du canal et fait aujourd'hui partie du périmètre inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
- La fosse Sophie ( 1835-1867)71 rue DURAFOUR patrimoine mondial Unesco.
🌿 Pause Botanique : La star locale et la vilaine envahisseuse
🌳 Le Saule Têtard : L'hôtel 4 étoiles de la biodiversité
Taillé régulièrement « en tête de chat », le saule têtard est un pilier de nos paysages :
- Ses racines costaudes empêchent les berges de s'effondrer.
- Ses branches servaient autrefois de litière ou de fascines.
- En vieillissant, son tronc creux devient un palace pour mésanges, chouettes chevêches, chauves-souris, lérots et belettes !
🌿 La Renouée du Japon : La "Terminator" des sous-bois
Venue d'Asie, c'est la championne du monde de l'incruste :
- Elle pousse de plusieurs centimètres par jour au printemps.
- Ses racines (rhizomes) plongent profondément et étouffent impitoyablement toute la flore locale.
- Un minuscule fragment de tige oublié suffit à faire repartir une forêt entière. Une vraie coriace !
⛪ L’église Saint-Amand : Résistante aux siècles et aux flammes
Dès l'an 600, le moine Amand est envoyé par le bon roi Dagobert pour convertir les chasseurs-pêcheurs du coin.
- Après une première chapelle en bois et en chaume brûlée par les Vikings et les Normands, puis une église reconstruite qui brûla encore en 1650, l'édifice actuel a finalement pris sa forme définitive au XIXᵉ siècle grâce à l'abbé Pouillaude, pour accueillir la population boostée par l'exploitation minière.
- Elle abrite un magnifique maître-autel en marbre blanc et une statue de saint Amand en bois polychrome classés aux Monuments Historiques.
Le Grand Marais (marais du Val de Vergne et étangs des Wieries) est aujourd'hui un havre de paix classé Natura 2000 : 50 hectares humides, 65 espèces d'oiseaux et 28 sortes de libellules. On y croise même les anciennes passerelles utilisées par les douaniers pour traquer les contrebandiers à la frontière belge !
Commentaires fournis par Monique.



